Pierre Delye

Né dans le nord de la France, il y vécut pendant longtemps avant de migrer vers le sud. C'est dans le nord qu'il devint conteur dans les années 90. Comme il a toujours eu la bougeotte et n’a jamais su résister à la tentation de raconter, il est allé faire rire et émouvoir les enfants et ceux qui les accompagnent partout en France et ailleurs, aussi bien en Suisse qu'au Maroc, au Québec qu’au Congo, en Bretagne qu’en Limousin. Dans un festival, il rencontre Michèle Moreau, éditrice de Didier jeunesse, qui l'incite à mettre ses histoires sur papier. Comme il n’a jamais su résister à la tentation de raconter, il prend son stylo et découvre une autre façon de raconter. Son premier livre « Le P'tit Bonhomme des bois » illustré par Martine Bourre y paraît en 2003. Depuis, il en a publié près d' une vingtaine dont certains accompagnés d'un CD « emmusiqué » par Gregory Allaert, guitariste et chanteur qui l'accompagne aussi sur scène. Citons les plus récents : « Groléfant et Tit'Souris ; T.1et T.2 » (ill.Ronan Badel, Dider jeunesse, 2018 et 2020), « La petite poule rousse et rusé renard roux » (ill. Cécile Hudrisier, Didier jeunesse, 2019) et son premier roman « Caprices ? C’est fini ! » (2018. livre de poche).

Ecouter et regarder Pierre Delye conter, c’est la fête ! La fête des histoires dites avec verve et jubilation, la fête des jeux de mots,  la fête aux contes revisités et chamboulés ! Le tout mis en musique swinguante par Gregory Allaert. Une fête à emporter et à prolonger en se plongeant dans les albums, bien sûr.

Quelques titres pour découvrir son univers

Groléfant et Tit'Souris T.2 ill.Ronan Badel (Didier jeunesse, 2020)

Groléfant et Tit’souris se sont pourtant bien trouvés ! Ensemble, ils vivent des aventures cocasses , se posent des questions existentielles et essentielles et tombent toujours d'accord même quand ils se disputent. Ils sont amis !

La petite poule rousse § rusé renard roux ill. Cécile Hudrisier (Didier jeunesse, 2019)

Dans sa chaumière, la petite poule rousse coud, raccomode et reprise avec entrain. Dehors le renard roux rôde... Une nouvelle version enlevée et féministe de « La petite poule rousse »

Caprices ? C'est fini ! Ill. Albertine (Livre de poche jeunesse, 2018)

Une princesse capricieuse refuse tous ses nobles prétendants. Mais quand Jean le bûcheron qui a réussi les épreuves lui dit « non », ça ne va plus du tout.

T'as mal où ? Ill. Cécile Hudrisier (Didier jeunesse, 2017)

Le jardin d'enfants est un terrain d'aventures où les bébés hérisson , pieuvre ou rhinocéros se font bobos sur bobos . Découvrez sous les flaps les solutions inventives de Nounou Kangourou !

Les deux grenouilles à grande bouche Ill. Cécile Hudrisier (Didier jeunesse, 2016)

Deux grenouilles à grande bouche dans l’arche de Noé chantent faux et fort et font des mauvaises blagues sans arrêt. Mais qui réussira à les faire taire ?

Pierre Delye raconte, oui mais pour dire quoi ?

Raconter, oui mais pour dire quoi ?
Pierre Delye a de la morale mais ne veut surtout pas être moraliste. Rien de pire qu’un livre qui donne à son lecteur « l’impression qu’on lui administre un médicament ». Si ses histoires nous parlent de justice et de travail, c’est au sens de l’effort partagé (cf. La Petite Poule rousse, 2007), de l’échange comme vecteurs d’humanité. « Dans La Grosse Faim de P’titBonhomme, par exemple, on n’a pas un rond mais tout s’échange. Chacun donne et chacun reçoit »: une bonne manière de reprendre à son compte quelques valeurs dévoyées par certains. Si dans ce monde devenu petit Pierre Delye constate qu’«il faut beaucoup de pauvres pour faire un riche», il n’en reste pas moins convaincu que «chacun doit pouvoir y avoir sa place.» La parole est le moyen d’action du conteur mais encore faut-il qu’elle lui serve à dire véritablement quelque chose. Son beau grain de voix radiophonique, certes, Pierre Delye le travaille,  mais il n’est pas question qu’il en profite. Il n’est pas là pour bercer les gens mais pour les nourrir. D’où la nécessité de raconter de « bonnes histoires », pour soi et pour les autres, et de savoir rester humble pour être écouté. Au-delà de cet engagement social, il y a aussi chez Pierre Delye un amour de la langue tout particulier, comme un « plaisir de gastronome » : « Quand les mots ont du goût, les oreilles sont contentes de se les manger.» Et s’il apprécie Pagnol, Gotainer, Dard ou Devos pour cette passion partagée « du verbe », son maître en la matière reste le très élégant Desproges,capable de dire des horreurs avec une classe infinie. « Mon pays c’est la langue française » aime d’ailleurs à rappeler Pierre Delye, qu’un simple mot peut faire mourir de rire. 

Extrait de l’article d’E. Painvin , newsletter Didier jeunesse 06/03/2009
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