Rémi Saillard

Né en 1960 dans le Jura, Rémi Saillard vit actuellement à Strasbourg. Après avoir obtenu son diplôme de l’école des Arts décoratifs de Strasbourg en 1986, il travaille dans une agence de publicité. Puis il se tourne vers l’illustration jeunesse et travaille pour la presse jeunesse (Bayard, Milan, Fleurus…) et l'édition (Bayard éditions, Gallimard, Nathan, Syros, Elan vert, Didier jeunesse ou Gautier-Languereau…) Il a publié près d’une centaine de titres. Parmi les derniers: «Dans la mer il ya ...» de Pierre Grosz (Mango, 2020), «Les jeux olympiques» de Stéphanie Ledu (Milan, 2020), «Petite fille et le loup» d'Agnès Hollard (Didier jeunesse, 2020), «Mamie perd ses mots: Edvard Munch»» de Rémi David (Elan vert, 2020). ou « Le coq de Notre- Dame» de Géraldine Escher (Elan Vert, 2021).

Marc voudrait bien  fêter son anniversaire mais son appartement est trop petit. Un drôle de chat vient lui proposer son aide…. et réussira à  organiser une fête géante! («Le chat botté (ou presque)» de René Gouichoux, Nathan, 2018)

Quelques titres pour découvrir son univers

Le coq de Notre Dame de Géraldine Elschner (Elan vert, 2021)

Le coq raconte sa vie tout en haut de la cathédrale, la vue sur tout Paris et son amour pour Esméralda. Tout bascule le jour où l'édifice prend feu en avril 2019. Echappant au brasier, le coq est conduit dans un atelier de restauration où il est heureux de retrouver d'autres statues.

Mamie perd ses mots : Edvard Munch de Rémi David (Elan vert, 2020)

Il a peur, sa mamie crie, elle perd ses mots.. comment faire pour l'aider ? Petit à petit, les personnages renontrés vont le rassurer...

Petite fille et le loup d'Agnès Hollard (Didier jeunesse, 2020)

Petite fille a promis de ne pas aller dans la forêt, mais de fleur en fleur, elle se retrouve devant le loup, Une petite chanson et il s'endort !

Dans la mer, il y a Pierre Grosz (Mango, 2020)

Plonge dans la mer bleue, tout au fond, nage au milieu des poissons et des algues richement colorés,et découvre, hélas, d'horribles détritus. La mer, un espace à admirer et à protéger.

Maløk de Gilles Baum (Gautier-Languereau, 2019)

Maløk est un petit dragon chétif qui déçoit les fermiers qui l'ont acheté à la grande foire des dragons . Mais il sait se rendre précieux et se faire aimé. Une belle histoire servie par de larges illustrations bleu pastel ou ocre

Interview de Rémi Saillard

Et ton personnage d’album, comment le pêches-tu ?
Je commence par des croquis, je cherche une forme. Ça monte doucement, au fur et à mesure, pour devenir un personnage qui doit encore être précisé.
Mais, surtout, je travaille un décor et une mise en scène dans un chemin de fer. J’y pose mes formes de personnages. Toute l’atmosphère de l’album se construit autour de ça.
Pour moi, le décor joue un rôle essentiel, il détermine l’esthétique de l’album.
En fonction du texte que j’ai à illustrer, j’ai deux registres : le trait ouvert au crayon ou la gravure. Je choisis l’un ou l’autre selon les tranches d’âge et les thèmes. J’adapte ainsi ma technique. Par exemple, pour les albums, les objets et le décor sont très travaillés quand les personnages sont archetypés, je fais alors le choix de la carte à gratter qui fonctionne mieux pour restituer l’ambiance que je cherche à créer.
Pour les petits romans illustrés, je privilégie le dynamisme des personnages, car ces histoires ont beaucoup de dialogues et d’anecdotes. J’ai besoin de les faire bouger, de varier les attitudes et les expressions. Le trait léger s’y prête beaucoup mieux. Le décor devient plus secondaire.
Mais bien sur, comme je cherche à toujours m’amuser et à me renouveler, ces deux registres peuvent s’entremêler.

Tu es clavier ou papier ?
J’ai toujours aimé la gravure, gratter ma pointe sur le zinc !
Mais la technique de la gravure ancienne est trop lourde pour les contraintes de l’illustration. Après avoir utilisé la carte à gratter, je crée maintenant mes propres supports. Actuellement, j’utilise une carte brillante épaisse que je recouvre d’encre noire. Pour faire naître une forme, je pars de la masse du noir et je gratte pour aller vers le blanc, pour faire jaillir la lumière. À partir de crayonnés précis, je gratte, je cherche, je me frotte à la matière.
J’ai d’abord une vision noir et blanc de mes illustrations. Le geste et le trait sont essentiels pour créer l’image. Ensuite, je mixe ce “fait main” et la technique numérique. Mes couleurs sont réalisées à l’ordi.

 Loup y es-tu?
Le loup, c’est un personnage archétype de conte et une silhouette que l’on connaît tous. J’aime le dessiner de profil, ça lui donne plus de personnalité. C’est amusant de se moquer de lui, de le caricaturer, d’en faire un personnage de comédie plus ou moins maigrichon et famélique. Il se prête à la dérision et au ridicule.
Dans “Faim de Loup”, je lui ai cherché un air hirsute en le dessinant au crayon à papier avec un trait nerveux, presque du gribouillis, alors que le lapin a une ligne plus souple, plus onctueuse, le trait est repris au calque.

Raconte-moi une histoire !
J’aime qu’on me donne une histoire. Illustrer l’histoire d’un auteur, c’est s’enrichir de l’univers de l’autre, ce qui m’évite de tourner en rond. Cela permet un regard différent. C’est pour moi une ouverture qui me permet de chercher et de me renouveler.

Extrait de  l’interview ” A la pêche avec Rémi Saillard “ par l’Atelier 3, 27/09/ 2018
Pour accéder à l’interview:  https://ateliera3webzine.fr/?p=853

Nous contacter