Fantaisie et variations sur le thème « Histoires d’Arts »

Cette année-là, nous inaugurions un grand progrès technologique, voire un saut technologique !

En effet, finies les angoisses de trains partant en retard ou n’arrivant pas, finis les déplacements à la gare, nous avions décidé de tenter la téléportation. Cela faisait quelques années que cela existait, le système paraissait au point, C’est pourquoi, j’étais sur la rive droite de Doëlan, attendant l’arrivée de nos auteurs. Allaient-ils arriver un par un, tous ensemble ? Comment apparaîtraient-ils ? Le suspense était grand !

Tout à coup, j’entendis un bruissement au loin. Un point apparu qui prit la forme d’un tableau géant. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait, on s’aperçut que c’était un tableau en trois volets.

Le volet de gauche faisait penser à une forêt du douanier Rousseau, touffue et mystérieuse. Le deuxième volet au centre évoquait un atelier de peintres de l’époque de Rembrandt avec de nombreux personnages. A droite, une marine de style Hopper, des voiliers dans le vent.

Il s’immobilisa à quelques centimètres du sol et le silence revint. Rien ne bougeait. Tous nos auteurs étaient dans le tableau et il fallait les reconnaître pour qu’ils puissent en sortir.

 

 

Dans l’atelier, en premier plan Jeanne Macaigne, Laurent Corvaisier et Clémence Pollet sont debout derrière des chevalets. Clémentine de Pontavice affirme à Pierre Vaquez debout devant une presse que les filles peuvent faire de la gravure aussi bien que les garçons. Ariadne Breton-Hourcq et Laurence Lagier ont tendu le mur de gauche de papier et dessinent des formes géométriques colorées pendant que Julien Hirsinger les questionnent : « Vous préférez le feutre ou le crayon de couleur ? Le bleu ou le jaune ? ». A droite du tableau, Paul Martin, Cassandra o’Donnell et Hélène Kerillis assis autour d’une table écrivent à la plume.

 

Dans le volet de droite, Bernard Villiot barre le voilier « Sammy Bear », France Quatromme règle le foc. A la proue Cathy Karsenty en maillot de bain est prête à plonger pendant que Janik Coat retient Ava la poulpe rose qui tâte l’eau de ses tentacules.

 

 

Devant la forêt du volet de gauche les auteurs sont cachés par les arbres, il faut les repérer par les animaux. Voyons : la rainette de Xavière Devos s’amuse dans une mare avec Bartholomé le canard de Sylvain Diez, Igor le loup d’Agnès Debacker les guette comme Cagoule le chat de Marc Lizano surveille Esope le souriceau de Sandrine Goalec, et dans les branches s’amusent les gibbons de Kenji Abe.

 

 

Bon, tout le monde est là, nous donnons le signal de la descente, mais rien ne se passe. Il en manque un ! Où est-il ? Panique, on recompte, et oui, où est Claire Lebourg ? Pas dans l’atelier, pas sur le voilier, nous avons compté tous les animaux… mais non, ça y est ! Toute petite en haut à gauche, voilà Paty la mouche peintre ! Ouf !

Tout le monde descend, le tableau disparaît en un clin d’œil, le festival peut commencer.

 

(Extrait des Mémoires inventés du festival, anonyme, Doëlan, 2035)